Engagement associatif et transmission

Transmettre par l’engagement associatif

Comme le précise le titre de cet article nous allons parler de l’engagement associatif et plus particulièrement de l’importance de celui-ci pour la transmission.

Il existe mille et une façons de transmettre et cela est bien normal, car la transmission est avant tout un besoin vital. Tout individu se doit de transmettre s’il veut pouvoir donner un but à son existence.

tenir la main - engagement associatif
Transmettre c’est aussi accompagner, aider à grandir

Arrivé à un certain niveau d’expérience, de connaissances, chacun ressent donc le besoin de « passer le flambeau », de donner aux autres et souvent aux plus jeunes la quintessence de son savoir.

Une de ces méthodes est l’engagement associatif. Il permet en effet de « légitimer » son action de transmission, dans un cadre, un temps et vers un public ciblé qui en principe devrait en faire son profit.

Alors, si ce besoin de transmission est aussi fort, pourquoi remarque-t-on depuis déjà plusieurs années, un effritement de l’offre associative. Car s’il y a toujours plus d’associations qui se créent chaque jour, il en est tout autant qui au bout de quelque temps de fonctionnement s’essoufflent et finissent par disparaître corps et biens ou plus souvent ne perdurer que sous la forme de quelques lignes dans le Journal Officiel, sans autres formes d’activités réelles.

L’explication tient peut-être dans le premier paragraphe de cet article. En effet, la transmission est un besoin vital, mais il est aussi un engagement personnel et lorsque celui qui a initié le mouvement prend du recul ou se retire, ses successeurs, car il y en aura presque toujours, n’auront pas malgré toutes leurs bonnes volontés le même moteur.

Il y a fort heureusement bien sûr des associations qui durent et qui voient les présidents se succéder, se compléter et renforcer leurs actions. Chacun enrichissant l’offre, par le mérite de sa propre expérience et de son propre chemin de vie.

Il y a aussi un autre point qui vient contribuer à la paupérisation de l’offre réellement associative. C’est le manque d’engagement des membres eux-mêmes. Ils ne viennent plus pour « participer » à une action, mais se comportent en simple consommateur,  prenant ce dont il a besoin, sans jamais rien offrir en retour.

Les associations de métiers ou de passions

Je pense plus particulièrement aux associations de magie par exemple que je connais bien.

Faire fonctionner la machine par l'engagement associatif.Le cas de ces associations est très symptomatique de ce que j’ai décrit ci-dessus, car le plus souvent l’engagement associatif est à sens unique exclusivement. Il y a les dirigeants, qui offre leur temps, leurs compétences professionnelles, dispensent leurs conseils sans compter et ceux qui les pressurent jusqu’à l’écorce et font leur bénéfice sans accorder la moindre parcelle de leur précieux temps pour alimenter la machine et lui donner de la pérennité.

En échange d’une cotisation, le plus souvent dérisoire lorsque l’on connaît le coût de la vie actuel. Ils estiment pouvoir obtenir le maximum et rien ne sera assez bien ou suffisant et bien entendu tout sera toujours trop cher.

Au temps ou j’étais président de la plus grande association magique française, que n’ai-je entendu sur le coût du bulletin de l’association, du prix des congrès… Mais ce qu’oublient un peu facilement les membres consommateurs, c’est l’importance de la mutualisation dans une association. Si seul un petit nombre de membres actifs acceptent de « jouer le jeu » et de participer pleinement à la vie de l’association. Les charges ne seront réparties que sur ce petit nombre et la part à payer sera d’autant plus lourde que le nombre sera mince.

Nous avons, tous ou presque et je ne parle que pour la génération d’avant Internet, appris les bases de notre métier ou de notre passion au sein ou par l’intermédiaire direct ou indirect des associations de magie et de leurs bénévoles.

Si aujourd’hui l’impact du Web rend l’accès à la connaissance plus aisé.Cela reste un savoir de très piètre qualité et  il suffit de « surfer » sur la toile pour constater que l’on y trouve que fort peu de « Maîtres » dignes de ce nom.

Les associations restent donc et resteront pour longtemps des vecteurs indispensables de la transmission. N’oublions pas que la magie que nous pratiquons aujourd’hui est un art né dans la boue des foires de campagne, enseigné de bouches à oreilles par des banquistes et des colporteurs. Ce n’est pas un art qui a grandi sous les lambris des salons royaux comme le théâtre et la danse, sans oublier la musique. Il n’a pas été « codifié », comme le fut la danse par Louis XIV ou « protégé » par un statut comme le furent les « Comédiens Français » sous le règne de Napoléon pendant la campagne de Russie.

Il est vrai que certains magiciens de renom ont réussi à lui faire franchir les portes des grands salons bourgeois, voir ceux de la noblesse. Merci à Pinetti, Marius Cazeneuve, Robert Houdin pour n’en citer que quelques-uns, qui par leur talent ont fait briller, ce que l’on appellera d’un joli sobriquet « La Reine des Arts ».

la magie reste et restera un art populaire

De bouches à oreillesIl lui faut donc pour perdurer, une énergie encore plus grande, une exigence sans faille. Car bien que les choses changent un peu et que l’on commence à voir des compagnies de magie théâtralisée recevoir des aides et des subventions, que des formations se mettre en place, cela reste encore à la marge et l’apport des « anciens », de ceux que l’on appelait à mon époque des « Maîtres » reste essentiel et c’est au sein des clubs que ce travail de transmission peut s’accomplir par un sain et généreux engagement associatif.

Aussi, je ne saurais que conseiller à un débutant désirant se perfectionner ou s’initier à notre art de rejoindre les clubs de magie et surtout de le faire dans un esprit réellement associatif, afin que la fatigue, le découragement des porteurs de flambeaux ne nous privent définitivement de cette tradition orale qui a construit l’histoire de notre art.

Pour trouver un club de magie :

Fédération Française des Artistes Prestidigitateurs – FFAP

Cercle français de l’Illusion – CFI

The International Brotherhood of Magicians- IBM

Fédération Internationale des Sociétés Magiques – FISM

À propos de l'auteur: peterdin

Comédien... et un peu plus ! Magicien, ventriloque, metteur en scène spécialisé pour les spectacles jeune public. Vice-président de la Fédération des Sociétés Magique (FISM). Auteur de livres de formation à la magie et aux spectacles pour les enfants, conférencier.

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